Encore un livre sur la sainte Vierge Marie ! Me direz -vous ! Pourquoi l’acheter et le lire ? Pour moi : « C’est chercher une motivation pour mieux la connaître en vérité, et finalement, mieux la prier. Je n’ai pas été déçue ! J’ai fait des découvertes grâce à l’étude précise proposée par les deux auteures, l’une bibliste, Anne Soupa, et l’autre docteur en théologie, Sylvaine Landrivon.
Tout d’abord leur « petite enquête biblique » au chapitre 5, nous propose une autre lecture sur certains textes bien connus comme Genèse chapitre 1 ou chapitre 3 qui mettent en scène Eve, puis un regard renouvelé sur d’autres figures féminines Myriam, Esther, Judith. Enfin le regroupement de Tamar, Rahab, Ruth et Bethsabée quatre femmes en dehors des codes habituels, m’a semblé original.
Dans le chapitre 7, Marie, figure d’Israël, a été pour moi, le plus nouveau par le lien montré entre le texte de Luc (l’Annonciation) et la figure de la jeune fille juive selon le cœur de Dieu qui s’incarne en Marie. Dans le chapitre 8, l’étude serrée du Magnificat (Lc 1, 46-55) rénove notre approche d’un texte si connu, tant aimé et prié. Pour cela il mérite notre lecture.
La structure du livre me fait penser à une poupée russe : Toute la première partie (chapitres 1 à 3) intitulée « déconstruire » montre par un parcours historique les dérives qu’a subies l’image de Marie quittant la sobriété des premiers siècles chrétiens pour les excès du XVIème siècle avec une quasi-divinisation jusqu’au siècle dernier. L’idée de la sainte Vierge Marie co-rédemptrice ayant même été soutenue mais rejetée par une commission de 15 théologiens en 1995. Un chapitre est dédié à l’analyse de la virginité et un autre à la maternité particulière. Ce dernier s’achève ainsi : « Nous concluons de cette investigation que la maternité de Marie ne peut être comparable à aucune autre, ne peut être proposée comme modèle aux femmes. Elle doit être comprise dans le registre symbolique à la fois parce ce qu’elle est inimitable et parce qu’elle concerne tous les croyants (hommes et femmes). Sa raison d’être est de signifier la grandeur du Fils ainsi engendré, le Messie.»
En enlevant les premières poupées symbolisant les habillages de la dévotion qui nous cache la véritable Marie, nous nous rapprochons de son être et de son message pour tout fidèle. C’est le but de la troisième partie intitulée « Reconstruire ».Elle est cette disciple accomplie dont le monde a aujourd’hui besoin. Laissons-nous enseigner, entretenons avec elle un compagnonnage soutenu pour tenter d’être soi, toujours à l’affût des bruits du monde, des plaintes et des attentes humaines, et se donner la liberté d’inventer.
Une lecture finalement réjouissante quand on a traversé tout le parcours et quand je referme le livre, je suis renouvelée dans mon amour pour la « mère de Dieu » comme le disent et le chantent nos amis orthodoxes avec un profond respect. (Proposé + commentaire par Béatrice Dupré)


