Dans ce livre en deux parties bien distinctes, le Cardinal Bustillo, évêque d’Ajaccio, partage d’une part, son inquiétude face à un monde disloqué, et d’autre part, son espérance dans le pouvoir de réparation de la société par les hommes.
La première partie dénonce la cruauté et le soupçon qui caractérisent notre société occidentale. Le soupçon cherche la faute que la cruauté livre sans pitié sur les réseaux sociaux en éternelle croissance. Ce lynchage médiatique décourage ceux qui souhaiteraient s’engager, à dire une parole en vérité. Chacun surveille ses propos, évite ainsi de recevoir en retour la médisance qui blesse et tue autant qu’une arme.
Dans cette même partie, il oppose l’amour véritable qui résiste aux épreuves du temps, aux affections superficielles qui nous rapprochent de ceux qui nous ressemblent. Seul l’amour véritable nous rend capables de construire une famille, une société, de voir dans l’autre un frère. Le Cardinal Bustillo déplore le manque de confiance envers les autres qui nous entraîne dans des crispations individualistes.
La deuxième partie, pleine d’espérance, pose aussitôt la question de l’influence de l’Eglise dans notre monde. Sa parole est-elle audible ? Elle peut l’être si elle ne se présente pas comme une morale mais une invitation à une relation qui pour tout chrétien, prend sa source dans la rencontre intime d’un cœur à cœur avec Jésus Christ. Vivre selon l’Evangile est une proposition qui ne s’adresse pas seulement aux croyants, mais aussi aux non-croyants pour qui ce mode de vie pourrait devenir un chemin de foi. Il s’agit là d’une foi vivante, incarnée, mise en actes. Regarder l’autre avec bienveillance favorise l’établissement de liens. Il ne s’agit pas de gentillesse, car la bienveillance est fruit de la volonté, du désir, du choix d’être bon. Celle-ci est vigoureuse. Elle n’est pas mielleuse. (p.123) On croirait lire saint François de Sales !
Dire du bien les uns des autres, c’est dire une parole de bénédiction. Bénir, c’est créer du lien. C’est bâtir une fraternité sociale où les talents de chacun sont mis en lumière, où les réussites sont saluées, où les beautés de l’âme sont reconnues. (p.152)
N’hésitons pas à prononcer des paroles de bénédiction, elles peuvent changer le monde.


