Notre attention a été attirée sur ce cardinal marseillais lors des Rencontres méditerranéennes en septembre 2023. C’est lui qui a accueilli le pape à Marseille au stade Vélodrome.
Son livre : Dieu a tant aimé le monde, Petite théologie de la mission, est facile à lire : d’une écriture fluide , simple, accessible.
J’ai apprécié comment l’auteur en retraçant son parcours de vie, montre l’articulation entre sa vie, son chemin de foi, sa vocation ; comment il répond aux appels de l’Église en obéissant à son évêque qui le lance dans des défis missionnaires qu’il n’imagine pas : comme la création de l’ISTR en 1992, Institut de sciences et théologie des religions à Marseille.
Chemin faisant, il forge une intime conviction et l’exprime dans le prologue ainsi : « L’Église doit approfondir sa compréhension de la mission que Dieu a voulu lui confier, soixante ans après le Concile Vatican II. Cette conviction, je l’ai acquise de manière à la fois existentielle, pastorale et théologique, sans que j’ai choisi le chemin de vie sur lequel et grâce auquel elle s’est forgée. C’est mon évêque qui m’a demandé… de travailler dans le champ apostolique du dialogue interreligieux. »( p 12)
Il en ressort, à la fin de la lecture, une impression de grande cohérence et de paix intérieure.
Ce regard pacifique, je l’ai senti dès le début du livre quand il relate son enfance qui commence par un exil à 3 ans : quitter l’Algérie de ses ancêtres depuis quatre générations, arriver dans un pays inconnu (sauf la langue) y connaître des difficultés variées. Mais la foi inébranlée du milieu familial permet ce regard pacifiant sur ce début de vie bousculé.
L’auteur décline ensuite en trois chapitres une petite théologie de la mission en particulier un développement sur les relations avec le judaïsme dans le deuxième chapitre.
Mais je souhaite souligner l’intérêt du troisième chapitre : la mission dans la dynamique de la catholicité.
Le terme de «catholique» récité chaque dimanche dans le credo de la messe, est sinon incompris, du moins souvent mal compris. Ce n’est pas le lieu, ici, de reprendre l’explication de l’auteur.
Citons seulement comme lui, le pape Paul VI à Bombay en 1964 : « Chers amis, nous vous recommandons d’être vraiment catholiques, c’est à dire très fidèles dans l’adhésion à l’unité que le Christ exige de nous dans son Église et très ouverts à la fraternité que l’Église prêche et développe, précisément pour être catholique comme Dieu le veut. »
Telle est la «catholicité» de l’Église. Peuple composé de juifs et de païens sous l’égide de l’Esprit, l’Église accompagne la marche de Dieu vers les peuples du monde, disposée à entrer en dialogue de salut avec tous les hommes de bonne volonté. ( p 154)
Nous, Filles de St François de Sales, pouvons nous sentir appelées à être toujours mieux «catholiques» c’est à dire très fidèles à l’Église du Christ mais ouvertes aussi à la fraternité, au dialogue de salut avec tous les hommes.


