Voici un livre modeste (138 pages) dont la lecture, facile, ne laissera aucune Fille de Saint-François de Sales indifférente !
Le 20 juin 2025 le pape Léon XIV reconnaît par décret le martyre de 50 Français morts par haine de la foi sous le régime nazi entre 1944 et 1945. Lors d’une célébration, le 13 décembre, à Notre-Dame de Paris, ils seront béatifiés. Parmi eux, le prêtre Pierre de Porcaro, psfs.
Les circonstances
Le déficit de main-d’œuvre ouvrière en Allemagne entraîne une demande auprès du gouvernement de Vichy qui instaure le STO (service du travail obligatoire) en février 1943. Sont envoyés en Allemagne des jeunes d’une vingtaine d’années. Les évêques de France ont le souci pastoral de ces jeunes et envoient de jeunes catholiques (prêtres, religieux et militants des mouvements d’Action catholique) pour exercer un apostolat fraternel et clandestin auprès d’eux. Mais en décembre 1943, un véritable décret de persécution est publié : l’ordonnance Kaltenbruner contre les activités de l’Action catholique française et tous ceux qui exerçaient des activités religieuses au profit des travailleurs civils français.
Par un appel aux volontaires du cardinal Suhard, archevêque de Paris, une aumônerie clandestine est constituée : la Mission Saint Paul. C’est à cet appel que répond Pierre de Porcaro. Envoyé à Dresde, il est affecté à une usine de carton ondulé mais arrive à exercer son ministère clandestinement (repérages des catholiques, rencontres d’études, confessions, messes parfois chez un curé allemand). Mais cette activité est repérée par la Gestapo et il est finalement dénoncé par un Français au service des nazis. Arrêté en septembre 1944, envoyé au camp de Dachau, il contracte le typhus et meurt le 12 mars 1945.
L’intérêt du livre
L’auteur, prêtre et historien, pointe, dès le début, l’ignorance de la population française et des autorités ecclésiastiques quant à la véritable nature de l’idéologie nazie. Tous les renseignements sont fournis au gouvernement français de Vichy (liste des prêtres envoyés comme ouvriers) ce qui, sans le vouloir vraiment, représente une réelle collaboration. On peut y opposer une meilleure clairvoyance du pape Pie XII qui dénonce en octobre 1942 les débordements du déluge néopaïen.
Le parcours spirituel de Pierre de Porcaro
C’est un autre intérêt de cette lecture. Avec les autres Cinquante, ceux dont les dossiers ont pu être suffisamment documentés, il dut passer d’un apostolat militant à un apostolat de rédemption. Ainsi l’auteur insiste : c’est à une lutte contre les puissances des ténèbres que l’abbé Pierre de Porcaro s’est trouvé appelé, à mener jusqu’au sang cette lutte contre le mal moral du péché que l’athéisme nazi voulait instiller dans les âmes.
Un témoignage (martyr !) peut-être difficile à recevoir car la confession de Jésus ne se fait pas à la face du monde, comme au temps des martyrs de l’Antiquité. Selon l’auteur : Il y aurait là l’ultime aspect du dépouillement qu’ont eu à vivre les martyrs du décret de persécution nazi.
Béatrice Dupré


