Être Fille de St François de Sales c’est avoir une vie mariale, pour le P. Chaumont[1]. Aujourd’hui, regardons comment à l’exemple de Marie vivre l’obéissance, en Église (1).
Dans la 24ème méditation de la probation « Être Marie », Henri Chaumont parle du devoir d’obéissance des Filles de S. François de Sales, à l’exemple de Marie.
Le mot « obéissance » retentit difficilement à nos oreilles, et réveille en nous une certaine méfiance : allons-nous aliéner notre liberté ? Mais nos cœurs, nourris de l’Ecriture, savent combien l’obéissance est importante dans l’Evangile : Jésus lui-même dit que sa nourriture est de faire la volonté de celui qui l’a envoyé » (Jh 4, 34). Et les paroles de Marie à l’ange de l’Annonciation : « Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole ».
Comment comprendre ce terme ? Quelle lecture salésienne en faire ?
En tout premier lieu, le terme « Obéissance », rime avec « Amour ». L’obéissance est faite par amour, et manifeste notre amour pour la Volonté du Père, comme Jésus, et avec lui.
« Quand notre amour est extrême à l’endroit de la volonté de Dieu, nous ne nous contentons pas de faire seulement la volonté divine qui nous est signifiée ès commandements, mais nous nous rangeons encore à l’obéissance des conseils, lesquels ne nous sont donnés que pour plus parfaitement observer les commandements, auxquels aussi ils se rapportent », nous dit Saint François de Sales dans le Traité de l’Amour de Dieu (livre VIII, ch. VII) Et, juste au-dessus (même chapitre) : « L’âme qui aime Dieu est tellement transformée en la volonté divine, qu’elle mérite plutôt d’être nommée volonté de Dieu, qu’obéissante ou sujette à la volonté divine »… « Le nom d’honneur des chrétiens ne sera autre chose sinon : « la volonté de Dieu en eux »…
Non seulement la vraie obéissance manifeste notre amour pour Dieu, mais elle manifeste l’amour de Dieu agissant en nous et nous unissant en sa propre volonté d’amour, avec notre consentement et notre joyeuse adhésion.
Voici comment Adrienne von Speyr[2] parle de l’obéissance véritable :
« La vraie obéissance a toujours du ressort, de l’élan, ne connaît pas l’ennui. Dès qu’on s’ennuie dans l’obéissance, c’est qu’on se trouve quelque part hors de l’amour. A moins qu’on soit mis à l’épreuve pour savoir si on est capable de persévérer presque jusqu’à n’en plus pouvoir. Mais comme la même prière répétée à l’infini ne devient jamais ennuyeuse, parce qu’elle est un entretien avec Dieu qui ne pourra jamais ennuyer et dont la parole est toujours neuve… et comme quelqu’un qui prie ne perd jamais son temps, celui aussi qui obéit ne perd pas le sien en s’acquittant de ses obligations monotones et toujours identiques, s’il arrive à les combler de la plénitude de la prière, c’est-à-dire si – dans son obéissance et parmi la foule incalculable d’autres – il se tient devant Dieu et dépose en lui le sens final de tout ce qu’il fait. Par le Seigneur, il se laisse donner l’Esprit-Saint sous la forme de la règle. » (HU v. Balthasar : Adrienne von Speyr et sa mission théologique, p. 385)
Dans la prochaine chronique, nous verrons les aspects que revêt pour nous cette obéissance dans l’amour, à l’exemple de Marie, à travers la Règle de Vie des Filles de Saint François de Sales.
Eudokia
[1] Le titre : « Notre vie salésienne avec Marie », reflétait imparfaitement la force des termes du P. Chaumont. Il donnait aux Filles de S. François de Sales la direction d’« être Marie ». C’était vraiment une vie mariale, que souhaitait notre fondateur pour sa petite association. C’est pourquoi je propose ce changement de titre.
[2] Mystique et théologienne suisse (1902-1967). Médecin, protestante convertie au catholicisme, après la rencontre du théologien Hans Urs von Balthasar. Avec lui, elle a fondé un institut de vie consacrée.


