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Noël, la démesure de l’Amour

Le mystère de l’Incarnation est décisif pour la foi chrétienne : il en est le centre et la source. Que le Fils de Dieu prenne chair pour devenir pleinement homme marque un commencement radicalement nouveau où s’origine notre salut. C’est l’irruption de la grâce en notre monde ! Une grâce qui nous rappelle que Dieu s’est épris de nous et qu’il veut nous attirer à lui par sa tendresse.

En Jésus est en effet apparue la grâce, la miséricorde et la tendresse du Père : il est l’Amour qui s’est fait chair. Jésus n’est pas seulement un maître de sagesse, il n’est pas un idéal vers lequel nous tendons, il est le sens de la vie et de l’histoire qui a placé sa tente au milieu de nous.

La démesure de l’amour

Dans le mystère de l’incarnation, nous contemplons la démesure de l’amour divin. Dieu veut faire participer l’humanité à toute la richesse de sa divinité. Et, pour ce faire, il unit notre nature à la sienne.

Notre Dieu s’est d’abord joint à notre nature, par grâce, comme une vigne à son ormeau, pour que, de quelque manière, comme l’ormeau participe au fruit de la vigne, notre nature participe aux fruits de cette union. Mais voyant que cette union avait été rompue par le péché d’Adam, il en fit une plus étroite et plus serrée par l’Incarnation. Par elle, la nature humaine est à jamais jointe à la Divinité dans la Personne de Notre-Seigneur. (TAD – Livre XII, chap II, n° 558)

Dans sa bonté, Dieu n’a pas abandonné l’homme qui s’est détourné de lui. Pour lui permettre de retrouver l’intimité originelle, il fait une nouvelle création.

L’inaccessible devient proche

À Noël, Dieu répond à nos désirs les plus profonds : connaître ce Dieu qui nous a créés et qui, cependant, nous paraissait si lointain. L’incarnation du Fils vient briser la distance. Dieu, qui semblait inaccessible, se fait proche.

Il se fit homme pour attirer les hommes à lui. Il nous aima d’un amour de bienveillance, nous gratifiant de sa propre divinité, de telle sorte que l’homme fût Dieu. Il s’unit à nous d’une incompréhensible union. Pour ce faire, dans sa Personne de Fils de Dieu, il assuma notre nature d’une manière si forte, si serrée, si indissoluble, que jamais rien ne fut plus fortement uni à la divinité que notre humanité. Pour ainsi dire, il se coula tout en nous, il proportionna sa grandeur à notre petitesse. (TAD – livre X, chap XVII n° 856)

Admirable mystère que celui d’un Dieu qui se fait homme afin que l’homme devienne dieu !

Dans une chair mortelle

Par son incarnation, le Fils de Dieu a voulu partager notre condition humaine en toute chose, excepté le péché. Il a porté sur lui nos souffrances, et notamment celle de l’éloignement du Père provoqué par le péché. Jésus a accepté de vivre l’abandon, tel que l’homme l’a ressenti après la chute

Celui qui vivait dans le sein du Père depuis les siècles des siècles se fit mortel dans le sein de sa Mère ; Celui qui vivait éternellement de sa vie divine vécut dans le temps de sa vie humaine ; et Celui qui éternellement n’avait été que Dieu sera éternellement homme. Voilà comment son amour de l’homme a ravi le cœur de Dieu, et l’a fait s’exiler de lui-même. (TAD – livre X, chap XVII n° 856)

Saint Paul, dans un hymne admirable, résumera de la manière la plus forte et la plus concise qui soit ce mouvement d’anéantissement du Fils assumant notre condition mortelle pour qu’elle devienne le creuset de la puissance du Père.

« Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix. » (Ph 2, 6-8)

Voilà jusqu’où va son amour ! 

« C’est pourquoi, conclut le grand apôtre, Dieu l’a exalté, » désignant ainsi l’aboutissement qui, en Jésus, est promis à tout homme qui met sa foi en lui.

                    Père Patrick-Marie FÉVOTTE

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