Article décliné en 4 parties
1ère Partie : Pasteur et Théologien.
Le samedi 1er novembre le pape Léon XIV proclamait J.H.Newman docteur de l’ Eglise, à l’occasion du Jubilé des catéchistes. Savez-vous que dans la chapelle attenante à sa chambre de Birmingham, un portrait de St François de Sales est accroché au-dessus de l’autel ? Pourquoi associer ces deux figures ? Rien à priori ne semble les rapprocher car ils sont bien éloignés par le temps et la culture, et pourtant, tous deux le sont, de manière indissociable !
St François de Sales :
Nous connaissons le traité de l’Amour de Dieu, qui est le fruit des enseignements et entretiens menés avec les filles de la première Visitation réunies à Annecy autour de leur mère ste Jeanne de Chantal entre 1610 et 1616. « Dans ces douze livres il œuvre en homme de grand bon sens, averti des besoins des âmes qu’il dirige, en psychologue certes, mais en théologien aussi. »
Nous savons que Saint François de Sales a fait des études parmi les plus poussées de son temps. Après Paris où il acquiert sa licence et sa maîtrise, il est dirigé par son père vers l’Université de Padoue, la plus renommée en Europe pour le droit. C’est aussi un centre théologique de qualité dont François bénéficiera. Il obtient en 1591 le doctorat en droit civil ainsi qu’en droit canonique.
Le souci pastoral est évidemment premier quand il devient évêque de Genève à Annecy en 1602. Il visite plusieurs fois les différentes régions de son diocèse qui est alors un des plus vastes d’Europe, avec plus de 400 paroisses catholiques et 150 paroisses protestantes.
Le Concile de Trente s’étant terminé en 1563 il veut appliquer les dispositions nouvelles de cette nouvelle Réforme. Il va par monts et par vaux, à cheval ou à pied, rencontrant les plus humbles, paysans, villageois, comme les plus nobles, hommes et femmes.
J.H Newmann :
Le niveau intellectuel exceptionnel de J.H Newman est bien connu. Il entre dès 16 ans seulement au Trinity College d’Oxford. Il y est d’abord étudiant puis enseignant et chercheur. Il est « Fellow » (membre agrégé) de l’Oriel College, un des plus brillants collèges au point de vue intellectuel, de l’Université d’Oxford.
Le souci pastoral se manifeste chez J. H Newman dès son ordination diaconale, puisqu’il rend visite à tous ses paroissiens de St Clement’s. Il poursuivra dans un quartier pauvre (la première installation), comme le montre la fondation de l’Oratoire à Birmingham. Le choix de l’Oratoire lui-même, qu’il fait vers 1847, indique bien qu’il souhaite allier activité intellectuelle et activité pastorale.
On peut encore souligner que l’abondante production littéraire de J.H Newman (sermons, méditations et essais) répond, non à un désir de démonstration théologique abstraite mais de façon pragmatique à un besoin d’approfondissement. Il base ses écrits sur des études historiques (Essai sur le développement de la doctrine chrétienne) et sur une interrogation intérieure (Grammaire de l’Assentiment) ou sur un besoin de s’expliquer face à des attaques douloureuses. (Apologia pro Vita sua) Par Béatrice Dupré


