Oui, un enfant nous est né, un fils nous a été donné, Sur son épaule est le signe du pouvoir.(Is 9, 5)
Dans nos mémoires résonne, peut-être, un chant de Noël populaire, traditionnel en France, reprenant cette parole du prophète.
For unto us a Child is born, a Son is given… tandis qu’en anglais c’est Haendel qui a illustré ces phrases de manière éclatante avec l’oratorio du Messie.
Ein Kind ist uns geboren, ein Sohn ist uns gegeben… En allemand, Heinrich Schütz a mis en musique le texte exact d’Isaïe.
En espagnol, à notre époque plusieurs harmonisations s’en inspirent pour animer les célébrations liturgiques.
Arrêtons-nous pour faire résonner ces chants, non seulement à nos oreilles en écoutant les mélodies, mais aussi dans notre cœur.
Éloignons-nous du bruit, de l’agitation et des menaces pesant sur ce monde, et sur chacun de nos pays. Les angoisses et les inquiétudes personnelles nous assaillent, sachons les mettre à distance pour fixer nos yeux sur le nouveau-né, avec Marie et Joseph.
UN ENFANT NOUS EST NÉ !
La manifestation de l’amour de Dieu ne se limite pas à nous donner quelque chose ou à nous envoyer un certain message ou quelques messagers, mais nous fait le don de lui-même. C’est le rendez-vous avec Dieu qui naît dans la pauvreté de la grotte de Bethléem pour nous enseigner la puissance de l’humilité.
Regardons le Tout-Petit. Dans le calme et le silence de notre contemplation laissons affleurer dans notre cœur les émotions. Si démuni, si vulnérable, Lui, le Sauveur, demande notre protection. Accueillons notre étonnement devant cet Enfant-Dieu.
UN FILS NOUS EST DONNÉ !
Par l’incarnation du Fils, le Père se fait connaître en plénitude. Mystère de Dieu qui prend sur lui notre condition humaine et nos péchés pour nous révéler sa Vie divine, son immense grâce et son pardon gratuit.
Accueillons avec reconnaissance cette grande nouvelle qui s’épanouit et submerge notre cœur.
ÉTERNELLE EST SA PUISSANCE !
Dans la faiblesse de cet enfant se cache la toute-puissance divine. C’est la foi seule, qui nous permet d’accueillir ce paradoxe et de dépasser l’étonnement de cette proclamation.
La troisième phrase du chant en français, comme dans les autres langues, reprend donc la citation d’Isaïe « la domination est sur son épaule. » C’est un cri de victoire.
Il est Vainqueur des ténèbres ! car Il est la Lumière dans la nuit de Noël
Il est Vainqueur du Mal ! Par sa puissance qui n’aura pas de fin, comme l’annonce l’ange Gabriel à Marie. (Lc 1, 33)
Ainsi les trois phrases du chant font éclater notre joie !
Joie intime , joie rayonnante à partager avec la paix qui l’accompagne.
Béatrice Dupré
Directrice générale


